Colloque – Faire autorité aujourd’hui

L’enregistrement audio de cette rencontre est disponible ici.

 

 

Collège des Bernardins, Paris, 19 et 20 octobre 2012

 

 

Faire autorité aujourd'huiColloque conclusif du département Sociétés humaines et responsabilités éducativesL’autorité a-t-elle « disparu du monde moderne » comme l’affirmait Hannah Arendt, ou bien se déploie-t-elle autrement dans la société contemporaine ? Le débat concernant l’autorité n’est pas éteint et prend, tour à tour, un ton déploratoire, chez ceux qui regrettent l’ancien temps, ou progressiste, pour d’autres qui se réjouissent de la libération vis-à-vis des anciens assujettissements. Beaucoup s’accordent en fait sur le même diagnostic : un certain type d’autorité, en rapport avec un fondement sacré, est en train de disparaître. L’autorité de la tradition, du religieux et de la loi, ainsi que celle conférée par l’âge ou l’expérience, s’effacent. D’autres instances d’autorité, ou d’autres « influences » émergent : c’est le cas de l’autorité de l’opinion, par le biais des médias de masse, ou de l’autorité des pairs au plan intra-générationnel.
Mais, il n’est pas souhaitable d’étudier les remaniements contemporains de l’autorité sans revenir à sa phénoménologie, du côté des praticiens censés avoir autorité dans les champs divers du travail, de l’éducation, voire de la politique. Dans notre culture où le rejet des formes autoritaires d’exercice du pouvoir ainsi que la critique des autorités instituées ont conduit à un effacement de l’autorité explicite de type hiérarchique, les acteurs du champ éducatif, du management économique ou de l’action politique ont sans cesse à re-susciter l’adhésion à ceux à qui s’adressent leur proposition. Ils sont plus en plus renvoyés à eux-mêmes, et à leur inventivité, pour créer leur propre espace d’intervention, et se sentent parfois « abandonnés » par des discours, et ceux qui les prononcent, qui leur prescrivent ce qui devrait être en un décalage important avec ce qu’ils perçoivent et expérimentent. Un aspect essentiel de la question contemporaine de « l’autorité » consiste dans cet écart entre, d’un côté, le récit des acteurs, confrontés à des questions simples, mais énigmatiques, auxquelles le monde commun semble donner peu de solutions, et, d’un autre côté, les discours concernant l’objet en question, qui ne paraissent pas donner de support concret à leur cheminement.
Ce colloque aura pour objet de mettre en tension, et en dialogue ce que perçoivent et pensent, d’un côté, les personnes en situation d’autorité, avec, notamment, leur interrogation sur la légitimité et la légitimation de leur action, et ce que tentent de penser et de formuler, d’un autre côté, chercheurs (historiens, philosophes, psychanalystes, sociologues, théologiens…) élaborant les théories concernant l’autorité et les formes émergentes d’autorité.

PROGRAMME : 

Vendredi 19 octobre 2012, 20h-22h
Table ronde introductive

DESTIN DE L’AUTORITÉ POLITIQUE ET CRISE DE LA DÉMOCRATIE
Avec :
François de Smet, philosophe, Centre de Théorie politique, Université Libre, Bruxelles
Pierre Schoeller, cinéaste, auteur réalisateur de « Versailles » et de « L’exercice de l’État »
Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France

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Samedi 20 octobre 2012, 8h30-20h

8h30-9h
Ouverture et accueil

9h-10h30
ANCIENNES AUTORITÉS ET NOUVEAUX POUVOIRS
La fin des autorités n’est-elle pas le signe de nouveaux pouvoirs, ou d’influences nouvelles ? Analyser des sources nouvelles de légitimité par rapport aux autorités nouvelles.

Quand la culture de masse fait autorité
Dominique Pasquier, sociologue, directrice de recherche au CNRS

Science et autorité depuis 1850. De la transcendance à la tactique et du comprendre au savoir faire faire
Dominique Pestre, directeur de recherche, EHESS

10h45-12h15
VIVRE ENSEMBLE AU TEMPS DE L’AUTONOMIE, L’AUTORITÉ, LE COLLECTIF ET L’INDIVIDU
Peut-on concilier le vœu contemporain d’autonomie, d’un côté, et le rapport aux institutions et au fait collectif, d’un autre côté ?

L’autorité parentale saisie et encadrée par le droit
Anne-Marie Leroyer, professeur à l’École de Droit de la Sorbonne,
Université Paris I

Autonomie/Démocratie : un choix anthropologique, et ses conditions
Chantal Delsol, professeur des Universités, membre de l’Institut de France

12h30-14h : Pause

14h-15h30
TROUVER DES ESPACES DE LÉGITIMITÉ
Quand le sujet de l’autorité cherche des appuis….

Une autorité défigurée : les enjeux d’une définition démocratique de l’autorité
Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, Faculté de Médecine, Poitiers

Souffrance et sentiment de légitimité dans le monde enseignant
Dominique Ottavi, professeur des Sciences de l’éducation, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

15h45-17h15
MISE EN PERSPECTIVE ET CONCLUSION

La solitude des praticiens de l’autorité
Jacques Arènes, psychologue, psychanalyste, codirecteur du département de recherche « Sociétés humaines et responsabilités éducatives ».

Autorité et bien commun
Jacques de Longeaux, théologien, co-directeur du département Sociétés humaines et responsabilités éducatives

18h-20h
PROJECTION DU FILM
« L’exercice de l’État », de Pierre Schoeller

Avec : Didier Bezace, Michel Blanc, Jacques Boudet, Zabou Breitman, Olivier Gourmet, Laurent Stocker….
Synopsis : Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?



Catégories :Agenda

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2 réponses

  1. http://crayons.eklablog.com/je-n-aime-pas-a2244396
    tel était, est et restera mon avis en ce qui concerne l’autorité …

  2. Nous sommes bien d’accord. J’ajouterai seulement que, dans le cas d’un enseignant, l’autorité ne s’impose pas : elle se mérite, elle se conquiert. Mais certainement pas en permettant à un élève de le tutoyer. L’influence de l’époque américaine de « l’enfant-roi » reste hélas persistante …
    Mais ce que j’en dis …

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