Les Matins Philo : « Le peuple »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la troisième fois, j’ai le plaisir de participer aux « Matins Philo », cycle de conférences proposées les mardis matins, au théâtre du Vaudeville, par une équipe de passionnés.

Pour ce cycle j’ai choisi – in tempore non suspecto, il y a plus d’un an – de revenir à mes premières amours et de parler de philosophie politique. Et plus précisément de la question du peuple.

Qui est le peuple ? Gouverne-t-il ? Est-il au gouvernement, au parlement ou dans la rue ? Est-il autre chose que l’addition de volontés éparses ? En cette époque de profonds troubles politiques, où la démocratie représentative semble en crise, et où émergent des demandes de formes alternatives de démocratie, il conviendra ici de faire le point sur ce qu’est le peuple – s’il existe – et sur la manière de recueillir sa volonté. L’enjeu n’est pas mince : il s‘agit simplement de revivifier nos démocraties.

Plus d’informations ?

Bienvenue:

Cycle 5 : le matin de 10h00 à 11h20

7 janvier « Le peuple c’est moi » : De Robespierre aux gilets jaunesQue nous révèle cette crise représentative sans précédent dans une démocratie établie et réputée solide ? La démocratie est-elle en train de passer le relais ? Qui possède la légitimité de se revendiquer être « peuple » ? Nous dresserons les enjeux généraux du cycle en retraçant l’historique de celles et ceux qui, des grandes révolutions aux gilets jaunes, se sont revendiqués et approprié le peuple.
21 janvier Histoire philosophique du Peuple : Rousseau et le grand malentenduDans le Contrat social ; Jean-Jacques Rousseau identifie le peuple et le Souverain. Le Souverain est la réalisation de la Volonté générale détenue par le peuple. Mais qui est le peuple ? De quoi est faite réellement la Volonté générale ? Rousseau visait-il réellement une forme de démocratie directe aboutie ? Et ne nous sommes-nous pas enfermés, depuis, dans la deuil de a démocratie directe en nous jetant, contre Rousseau, dans des processus représentatifs qui altèrent la Volonté générale ?
04 février La nation est une ombre : réflexion sur la psychologie de la nation autour des Discours à la nation allemande de Fichte et de L’étrange histoire de Peter Schlemihl d’Adelbert von Chamisso.Qu’est-ce qu’une nation ? Dans toute l’histoire de la pensée, c’est sans doute entre l’idéalisme et el romantisme allemand que la question s’est posée avec le plus d’acuité. Dans ses Discours, Fichte interroge la nature profonde de la nation allemande en constitution. Mais peut-être la nation n’est-il qu’une ombre, une sorte de gigantesque Narcisse dont nous ne pouvons réellement nous séparer, car nous avons besoin comme de pain de nous pouvoir dissoudre nos individualités dans une identité. Une lecture croisée de deux œuvres nous aidera à y voir plus clair, pour comprendre comment la nation se forge dans les tréfonds de l’esprit humain : Les discours à la nation allemande de Fichte (1807) et L’Histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl d’Adelbert von Chamisso (1814).
18 février Le modèle essoufflé : lecture de « Contre les élections » de David van ReybrouckBrexit, élection de Donald Trump : les scrutins sont-ils tous désormais les lieux d’une tension irréductible entre populisme et démocratie ? Les « sans-voix », qui se sentent exclus de la dynamique économique et sociale, ont-ils été « trouvés » et rassemblés sur les réseaux sociaux en vue de devenir une majorité de moins en moins silencieuse et de plus en plus revendicatrice ? Il serait dans doute temps de rouvrir l’ouvrage Contre les élections de David van Reybrouck et de se poser la question de manière critique : si nos formes de démocratie élective sont essoufflées, par quoi pourrions-nous bien les remplacer ? Le tirage au sort, les panels citoyens et autres processus délibératifs peuvent-ils faire le poids face à l’emballement de scrutins qui, malgré leurs défauts, permettent de coaguler et de matérialiser des volontés individuelles ?
10 mars Perspectives : lecture de « Le peuple contre la démocratie » de Yascha MounkLe politologue Tascha Mounk dresse un portrait inquiétant de nos démocraties. Selon lui, l’écart entre libéralisme et démocratie est grandissant, et le divorce pratiquement inéluctable. Mobilisant une série de recherches empiriques (sondages, reportages), Mounk propose un nouveau modèle pour comprendre la période politique complexe actuelle. Se pourrait-elle que l’issue réside dans l’établissement d’un nationalisme contrôlé et de réformes radicales ? Nous plongerons de manière critique dans cet ouvrage important et singulier.
24 mars Conclusion : politique et loi d’airainNous tirerons alors les conclusions des cinq conférences précédentes. En revenant sur les conclusions de nos lectures, nous tenterons de dresser le portrait-robot du peuple et de l’avenir de nos démocraties. Le modèle est-il à bout de souffle faute de pouvoir canaliser durablement la volonté de représentation du peuple ? Les démocraties sont-elles viables sans application pratique de la loi d’airain, qui voit en pratique se succéder au pouvoir les élites, les oligarchies, et ce même de manière de plus en plus héréditaire ? Pourrons-nous à la fois préserver la démocratie et définir le peuple ?


Catégories :Interventions & presse

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