Les mondes parallèles

Humeur, 1er août 2012

Retrouvez ici le débat de « Mise au Point » du 09/09/2012 consacré à ce sujet.

Le petit film de Sofie Peeters, cette étudiante qui a filmé en caméra cachée le machisme ambiant subi dans son quartier, a engendré un « buzz » d’aspect libératoire. Davantage que le documentaire, c’est l’avalanche de réactions et de témoignages qui surprend et qui offre des contours, une consistance à une réalité que, en tant qu’homme, on ne perçoit généralement qu’au fil de discussions de comptoir. A dire vrai se mettre dans la peau d’une jeune fille invectivée sur son chemin quotidien, quand on est un homme, est une expérience déroutante qui fait penser à ces expériences de sociologie du comportement invitant à se mettre dans la peau d’un noir, d’un arabe, d’un handicapé dans des situations de discrimination. Et comme dans de tels cas de figure, c’est la douche froide. Nous avons beau savoir que ce harcèlement existe, grâce à nos amies et nos proches, on ne peut s’empêcher de sursauter au premier « salope » venu qui jaillit comme une balle, parce que nous, les hommes, personne dans la rue ne nous parle comme ça. Jamais.

Telle est la vérité, et elle est préoccupante : dans la rue, hommes et femmes vivent dans deux mondes parallèles. La rue n’est tout simplement pas la même. Elle n’a ni les mêmes couleurs, ni les mêmes contours, et elle ne recèle pas les mêmes appréhensions. Pas la même charge de crainte ou de légèreté, de précautions ou d’insouciance. Moi qui ne réfléchit jamais plus d’une minute au trajet que je vais prendre ou à la manière dont je m’habille, je suis pris de vertiges en réalisant les dizaines de choix que certaines jeunes femmes se retrouvent à faire chaque jour pour composer avec cette rue que je ne connais pas, parce qu’elle n’est pas la même que celle dans laquelle je marche. Et à devoir changer, elles, d’attitude ou de comportement pour gagner la paix dont je jouis gratuitement. Pour ma part, les femmes que je fréquente ont rarement des profils de victimes. Et si elles se plaignent si peu, c’est parce qu’elles refusent d’être des victimes. Que leur reste-t-il dès lors comme attitude possible sinon composer ou déménager ?

Naturellement, le machisme et le harcèlement ne sont ni l’apanage d’un lieu, ni d’un milieu, ni d’une communauté. Il suffit de lire les témoignages qui se multiplient depuis quelques jours comme des ressorts sortant de leur boîte : le compliment lourd existe aussi au bureau, le harcèlement graveleux peut survenir en vacances, et il peut être bronzé, noir ou blanc sans distinction. Dans l’ombre de la meute des jeunes de quartiers, le quinquagénaire bedonnant ou le prédateur en trois-pièces rôdent. Le machisme est vieux comme l’humanité, et n’est qu’une question d’éducation.

Sans doute devrait-on toutefois s’interroger sur ce phénomène de groupe par lequel des jeunes de vingt ans se sentent autorisés, comme un jeu, à aborder graveleusement puis à insulter des femmes qu’ils ne connaissent pas et qui ont le malheur de passer ou de vivre dans leur quartier – et ce, en tout état de cause, avec des chances de succès proches du zéro absolu. C’est comme s’ils n’avaient jamais appris à parler convenablement à une femme. C’est presque comme s’ils n’en avaient jamais vue ailleurs qu’au cinéma. Comme si personne ne leur avait jamais appris qu’il est des lieux ou des circonstances dans lesquelles aborder l’autre se fait, et d’autres pas – ne serait-ce que par pur souci d’efficacité. Comme s’ils n’avaient pas de mère ou de sœur, dont ils n’accepteraient de personne qu’elles soient molestées de la sorte. Et il y a une explication possible : quelle que soit l’origine ou la religion, vivre dans un monde où la sexualité est taboue, où la séduction n’est pas normalisée, et où, par l’exigüité même d’une communauté déterminée, l’honneur d’une famille se confond avec la réputation des filles: cela ne rend pas aisée l’adoption de rapports communs. La frustration accumulée doit sortir et ça tombe sur les inconnues qui passent, cible la plus facile et la moins risquée niveau réputation en cas de râteau. Oui, les gros lourdauds du quartier Annessens font avec ce qu’ils ont, c’est-à-dire pas grand-chose. Quand on travaille, on n’a sans doute pas de temps à perdre à accoster des filles avec la finesse d’une pelle à tarte. Et quand on a accès aux mêmes bars ou boîtes de nuit que les Patriciens, dans ce genre d’endroits où accoster l’autre est autorisé par nature, on n’a moins de raisons de se retrouver entre plébéiens à draguer dans la rue. Tout est dans tout. Ces jeunes sont aussi le produit de notre monde, celui d’une cohésion sociale manquée. Malgré l’apparente implacabilité des faits, il faudra ici aussi encore faire l’effort de la nuance.

On incriminera certainement la société hypersexualisée, avec des femmes nues de trois mètres carrés pour vendre à peu près n’importe quoi, avec un web mettant la pornographie à l’accès de tous ; on incriminera sans doute une culture de certains quartiers où la sexualité est taboue et synonyme d’obligations lourdes comme le plomb… La vérité se trouve peut-être dans la tension entre ces deux mondes, et qui se cristallise sur des individus fragiles qui, aussi odieuse soit leur attitude, font de leur harcèlement de séduction un exutoire à leurs frustrations. Car de l’énergie, de la libido et des envies on en a tous et toutes. Ce qui fait la différence entre les uns et les autres c’est l’éducation reçue, quelles que soient l’origine, le sexe ou la couleur de peau. En entendant les lourdauds lancer leurs « chienne » ou leur « pétasse », on se demande instinctivement : que font leurs mères ? Où sont-elles ? Comment disent-elles à leurs fils de respecter leurs sœurs (et par sœurs on veut bien dire toutes les femmes) ? Y aurait-il une étrange fatalité à se revendiquer femme libre et pourvue de droits tout en éduquant comme mère ses fils à être des petits princes et des enfants-roi auxquels le monde devrait se plier ?

Comme d’habitude en matière de rapports entre hommes et femmes, on aura tendance à prendre toute cette histoire un peu à la rigolade. Mon instinct me hurle qu’on aurait tort. Mes proches le savent, je ne suis pas un féministe militant, et il y a dans ce secteur comme ailleurs des radicalités que je ne peux pas suivre. Et pourtant, il s’agit ici d’un sujet sérieux, aux enjeux bien plus profonds qu’une mise en scène vaudevillesque entre « racailles » d’un côté et « salopes » de l’autre. C’est un sujet sérieux car, selon la manière dont on entend le résoudre, on parviendra ou non à négocier un tournant que je crois précieux. En l’occurrence, je pense que nous marchons sur des œufs. J’entends déjà les uns dire « il faut pas nous provoquer, on n’est pas des animaux, cette société ne nous respecte pas, pourquoi on la respecterait ? ». J’entends déjà les autres dire « ils voilent leurs femmes, ils insultent les nôtres, et on ne devrait pas devenir racistes ? ». J’entends gronder au loin le tonnerre d’un fracas formidable à venir, celui de la bombe sociale que devient lentement cette ville.

Soyons pourtant optimistes. Le reportage de Mme Peeters a permis de faire sortir une parole, et c’est là le premier pas d’une dialectique de prévention. Si chacun de ces hommes prenait conscience ne serait-ce qu’une minute du mal qu’il fait à la femme qu’il insulte, si chacun de ces hommes réalisait que leur cible est forcément une fille, une sœur ou une mère et non un objet désincarné pouvant encaisser leurs frustrations comme la première poupée gonflable venue, chacun d’eux deviendra alors une raison d’espérer.



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42 réponses

  1. Cher François, comme tu as raison, dans tout ce que tu dis!
    Comme tu as tort de ne pas aborder le vrai problème, celui des hommes musulmans. Notre société judéo-chrétienne avait, dans l’ensemble, réussi à civiliser les hommes dans leur rapports avec les femmes, en tous cas dans la rue.
    Osons dire ce qui ne va pas avec certains hommes musulmans et osons leur interdire.

    • Je ne suis pas d’accord et je pense que l’idée de l’auteur était justement de ne pas glisser sur ce terrain-là : la comparaison entre les religions et la stigmatisation d’une sur des faits généraux…

      • Bien évidemment, il s’agit d’un problème culturel : un problème d’éducation est culturel. Un problème de religion qui est aussi culturel. Bien sûr Philomène se flagelle dans son éducation et se sent coupable de « stigmatiser » les pauvres petits musulmans qui sont sans éducation – enfin il faut le répéter ils voilent leurs femmes et insultent les nôtres ??? Quoi, je stigmatise là … Non ! Je vois les faits. Et croyez moi je ne culpabilise pas

        • Personnellement, je ne stigmatise personne et ne me sens coupable de rien. Au passage, merci de ne pas parler pour moi à l’avenir.
          Je souhaitais simplement faire entendre mon désaccord avec le commentaire précédent : je pense que la religion n’est pas le problème dont il est question ici, dans les rapports entre les hommes et les femmes.

    • Osons ?!

      Sofie Peeters avait des preuves en béton pour porter plainte contre ses harceleurs, l’a-t-elle fait ? on aurait enfin su comment réagissent les autorités bruxelloises face à ce genre de plaintes, et le débat aurait nettement progressé… Lâcheté ou manipulation ? comme cette vidéo où une française essaie de tourner en dérision des ignominies éructées par des rebeus…oops.

  2. Chouette de traiter ce sujet; malheureusement, 7 paragraphes pour ne rien dire. Le documentaire parle de lui-même, et pour le reste, c’est surtout à des solutions constructives qu’il est intéressant de réfléchir. Pas à des grosses généralités du genre « si on en prend conscience, c’est bien ». Désolé d’être si négatif, mais p-e un prochain billet?

  3. Il vous manque quelques données : le harcèlement sexuel dans la rue ne s’adresse pas qu’aux jeunes femmes mais à des femmes de tout âge. Evidemment sur twitter, les femmes ne disent pas leur âge.

    Il faut aussi savoir que le harcèlement sexuel dans la rue, lieux publics, etc. ne date pas d’aujourd’hui. Personnellement, je le connais depuis 60 ans que ce soit dans de grandes villes ou petits villages en France. Les insultes, crachats, injures, etc. étaient et sont toujours les mêmes… rien n’a changé. Les hommes harceleurs étaient et sont toujours de toutes les couleurs et de toutes les classes sociales, du vulgaire au moins vulgaire mais peu importe, du harcèlement toujours.

    Ce qui serait intéressant, c’est que les femmes de plus de 60 ans qui ne sont pas sur les réseaux sociaux témoignent : questions à poser dans les familles, aux grands-mères, aux arrières grands-mères.

    Et le harcèlement sexuel au sein des couples : sans sortir dans la rue ou les lieux publics, comment se passent et se passaient la relation entre marié-e-s : mains aux fesses lorsque la femme monte les escaliers, réflexions sur les seins, le cul, etc. Mais les femmes de ces générations auront peut-être trop honte d’en parler étant donné qu’on a tout fait pour les culpabiliser et les faire se taire en leur faisant croire que tout cela était/est normal puisqu’elles ne sont que des femmes.

  4. Merci! C’est le premier commentaire masculin que je vois sur la question et ça me fait plaisir! Vraiment!

    @Vansteenkiste : dommage.

    Il n’y a pas de solution constructive contre le harcèlement de rue sauf l’éducation, le changement des mentalités. La solution est liée à un changement de système intégralement.

  5. Merci François pour ton article, je suis d’accord avec Vansteekiste
    Et comment les pères,les maris traitent t’ils leur femme,soeur, et comment sous couvert de religion la societé tolere le compromis des voiles et autres stigmatisations des femmes et la remise en cause silencieuse de l’avortement. Tellement de compromissions de lâchetés de la part de nos démocraties ,en tant que femme je ne m’étonne pas de ces violences Elles découlent de ce genre de « respect »

  6. Je plussoie Sydy plus haut.
    Et ajoute que ceci « . Et si elles se plaignent si peu, c’est parce qu’elles refusent d’être des victimes. » me paraît négliger le fait que les paroles des femmes sont rarement entendues, ou alors dans l’anecdotique: parions que d’ici un mois ou 2, on ‘oubliera’ commodément ce qui fait en ce moment le ‘buzzz’, et qu’il faudra un autre événement médiatisé ou sable pour que la question se pose à nouveau.
    Par ailleurs ce n’est pas que f et h vivent dans des mondes parallèles, mais bien que l’espace public est fait par et pour les hommes, les femmes n’y ont pas de place si ce n’est de cible de proie ou d’invisible lorsqu’elles sont ‘hors marché’ du sexuel.

  7. Ben, oui, merci. Et si le harcèlement n’est pas le fait des seuls croyants, il est évident qu’ils sont majoritaires; ce qui pourrait, si toutes les religions n’étaient pas ( du moins pour ce que je connais, celles du « livre » ) profondément machistes et méprisantes des femmes, un formidable outil d’éducation. L’histoire nous a montré que c’était certes le cas : un outil d’éducation à la haine et au mépris des autres, en plus du machisme, et de la femme à peine mieux considérée qu’un animal reproducteur, ou un exutoire à frustrations sexuelles. Pitoyable humanité, d’où qu’elle vienne.

  8. Bonjour,

    Quand je lis : « En entendant les lourdauds lancer leurs « chienne » ou leur « pétasse », on se demande instinctivement : que font leurs mères ? », j’ai envie d’ajouter : « Que font leurs pères? »!!
    Je pense que cet aspect-là de la question, à propose de l’éducation concernant les rapports hommes/femmes, mérite EGALEMENT d’être abordée…

  9. Il y a deux choses qui me gênent beaucoup dans cet article :

    « C’est comme s’ils n’avaient jamais appris à parler convenablement à une femme. C’est presque comme s’ils n’en avaient jamais vue ailleurs qu’au cinéma. »

    Non, c’est comme s’ils n’avaient jamais appris à parler convenablement à une PERSONNE. Quand je me balade dans la rue, je ne suis pas « une femme », je suis un être humain, une citoyenne, un membre de la communauté et de la société. Les gens n’ont aucune raison de venir me parler en tant que femme particulièrement, et s’ils le font ils n’ont aucune raison de ne pas avoir à l’esprit que la femme qu’ils tentent de séduire, approcher ? est d’abord juste et avant tout une PERSONNE.

    « Si chacun de ces hommes prenait conscience ne serait-ce qu’une minute du mal qu’il fait à la femme qu’il insulte, si chacun de ces hommes réalisait que leur cible est forcément une fille, une sœur ou une mère et non un objet désincarné pouvant encaisser leurs frustrations comme la première poupée gonflable venue, chacun d’eux deviendra alors une raison d’espérer. »

    Mais quand bien même je ne serais ni sœur ni mère ni fille, j’ai autant droit au respect que ces personnes qui auraient la chance d’avoir une famille ! J’ai l’impression que par cette phrase vous signifiez qu’une femme se définit forcément par les liens qu’elle a avec les gens (et – soyons honnêtes deux minutes – avec les hommes particulièrement).
    Je n’attends pas que les hommes qui harcèlent aient une prise de conscience pour se dire « oh mon dieu, mais cette fille pourrait être ma sœur/ma fille, je peux pas faire ça », je veux qu’ils se disent « oh mon dieu mais cette fille est un être humain au même titre que moi en fait » !
    Jamais je ne brandirai mon statut de fille de ou femme de pour revendiquer mon droit à être traitée comme je devrais l’être !

    • Pour être reconnu comme personne, autant les hommes que les femmes, ne serait-il pas finalement plus simple de supprimer toute sexualisation de la société ?

    • Absolument ! Le respect de l’autre (femme, homme, vieux, jeune, handicapé, bien portant, noir, jaune, rouge) est une obligation fondamentale que les parents civilisés inculquent aux enfants dans le cadre de leur obligation d’éducation. Code civil belge et Code pénal belge prévoient cette obligation, manifestement en vain. La scolarité a été rendue obligatoire dans l’espoir d’inculquer un minimum de civisme, manifestement en vain.

      1. Les lois existent , pourquoi ne sont-elles plus appliquées ? le harcèlement moral ou sexuel est puni par la loi.

      2. Pourquoi ce besoin de légiférer dans l’urgence pour régler des problèmes connus depuis le Moyen-âge ? Voilà qu’Ecolo exhibe une proposition de loi contre le sexisme depuis 2011 ?! Le principe d’égalité des sexes ne suffit plus ?

      Après la 2e guerre mondiale, l’Occident s’était engagé à respecter un socle de droits fondamentaux, dont le respect de la dignité humaine. En 2012, les démocraties occidentales ont félicité l’élection d’un président islamiste en Egypte.

      Dans le reportage et la video ci-dessus, on fait référence à un vocabulaire utilisé par une communauté bien spécifique… chut, ne pas généraliser, ne pas stigmatiser , ne pas appliquer nos lois, telle est la version de la démocratie occidentale au 21e siècle. On en revient toujours au même constat, que l’on traite du harcèlement de rue, la délinquance urbaine, le chômage ou la burqa.

      Le politiquement correct a verrouillé la démocratie, et l’on s’étonnera (avec émoi ?) de la montée des populismes.

      Quelle est la solution pour rétablir l’Etat de droit dans les démocraties verrouillées ? Vivre dans sa bulle en déplorant l’incivisme et espérer vivre en paix, à l’abri des inciviques, dans les quartiers « chics » ? C’est la tactique des Bruxellois depuis 40 ans. Comme Sofie Peeters qui quitte Bruxelles-Anneessens, persuadée d’avoir fait oeuvre utile…

      • On sent vraiment bien poindre le racisme sous couvert de « arrêtons le politiquement correct et la langue de bois », dans votre message.
        Non, ces comportements ne sont pas l’apanage d’une communauté bien spécifique et n’ont strictement rien à voir avec la burqa, et nulle part les femmes ne sont à l’abri de ces comportements, y compris dans les quartiers chics où les gens sont supposés être bien blancs et bien élevés, y compris à l’Assemblée Nationale où une ministre française s’est fait siffler pour avoir osé porter une robe.

        Merci de ne pas instrumentaliser un phénomène sociétal pour faire un réquisitoire xénophobe, vous vous plantez complètement.
        En attribuant le harcèlement de rue à la seule population immigrée, vous dédouanez et déresponsabilisez la majorité des harceleurs, qui sont blancs, « européens de souche » (à partir de quand doit remonter la souche ?), de culture uniquement européenne disons, qui produisent exactement les mêmes schémas : mise à l’écart des femmes de l’espace public, sentiment de toute-puissance et de toute permission face à un individu de sexe ou de genre féminin, volonté d’imposer une domination sexiste.

  10. @ Dies Irae, votre commentaire est de loin le plus censé de ceux que j’ai pu lire ci-dessus. Merci. Il est plaisant de voir qu’il existe encore des gens pleins de bon sens.
    Je suis un homme. J’ai deux filles et j’avoue qu’il m’arrive souvent de penser à ce que sera le monde dans lequel elle évolueront à l’avenir. Je m’efforce de les éduquer au respect des autres et d’elles-même… Pas toujours facile à l’heure actuelle.

    • Merci ! J’aurais bien aimé avoir une réponse de la part de l’auteur de cet article cependant.
      Bon courage avec vos deux filles, elles méritent qu’on fasse le maximum pour éviter qu’elles vivent ce que vivent les femmes aujourd’hui.

  11. @ Dies Irae : Je vous remercie pour votre message – ainsi que tous les autres, bien entendu. J’avais déjà prévu de vous répondre. Voici.

    « Non, c’est comme s’ils n’avaient jamais appris à parler convenablement à une PERSONNE ». Je crains que ce ne soit pas si simple. Ces jeunes qui insultent la jolie fille qui passe ne s’adressent pas de la même manière – et en général pas du tout –à un passant masculin ou à une femme qui ne rentre pas dans leurs critères de proie (pour le dire vite : jeune et jolie). Donc, désolé mais si on s’en tient aux faits il existe bel et bien une difficulté spécifique à se tenir et à être respectueux vis-à-vis d’une jeune fille. Vous refusez de la dissocier du respect unilatéralement dû à chaque être humain, et je le comprends fort bien. Mais ce faisant, je le crains, vous éludez le problème.

    Vous avez raison de rappeler qu’il existe un respect dû à toute personne en tant que personne. C’est si évident que je n’ai pas jugé utile de le rappeler. La question est : comment parvenir à promouvoir ce respect tout en éduquant aussi à une éducation de genre. Il me semble que l’un n’empêche pas l’autre. Je me pense profondément égalitaire, et je ne crois pourtant pas de manière réaliste à une société qui nierait toute sexualisation et différenciation – et je ne crois pas non plus que ce soit souhaitable. Ainsi, par exemple, voiler les femmes intégralement vise brutalement à une démarche en ce sens, à nier la féminité au nom de la libido masculine et à faire des femmes des êtres « respectables » car expurgés de leur sexualité ; est-ce cela que nous voulons ?

    Vous pouvez être éduqué à traiter toute personne correctement tout en laissant une marge à la possibilité d’une dynamique de séduction. Car celle-ci existe, notamment en raison des différences sexuées, et il ne sert à rien de la nier. En l’occurrence, la faute de ces jeunes n’est pas d’estimer qu’une passante est jolie – je suis navré de reconnaître que cela m’arrive aussi – mais de l’aborder d’une manière et dans un cadre qui ne peut rendre toute intervention qu’intrusive, c’est-à-dire dans la rue et non dans un bar ou lors d’une soirée, et grossièrement comme un jeu et non avec le minimum de respect dû non seulement à un être humain, mais à un humain qui nous plaît et avec lequel nous avons envie d’entrer en interaction.

    Evidemment qu’une femme ne se définit pas par ses rapports aux hommes, nous sommes d’accord. Il me semble que notre désaccord pourrait être simplement vu sous l’angle de l’œuf et la poule : faut-il d’abord éduquer abstraitement au respect de tout humain en tant qu’humain en espérant que tout un chacun en infère le respect qu’il doit aux représentants de l’autre sexe, en ce compris dans ses pulsions ou démarches de séduction ? Ou faut-il, en marge de cet apprentissage que je crois comme vous indispensable, affronter en face la sexualisation humaine en faisant comprendre aux jeunes hommes qu’une femme ne fonctionne pas comme ils semblent le penser, qu’elle n’a pas les mêmes attentes, ne souhaite pas être abordée dans la rue et qu’il ne s’agit en rien d’une marque de disponibilité, et que cela la blesse réellement à chaque insulte – ce que je ne pense pas que chaque « lourdaud » réalise réellement. Je crois que le respect ne s’apprend pas seulement par un mantra répété comme un slogan ou dans une classe de cours. Il s’apprend aussi par empirisme et par empathie, c’est-à-dire par la capacité de se mettre à la place de l’autre. J’aurais pu écrire « directement se mettre à la place de leur proie » plutôt que d’avoir employé ce tiers de la sœur ou la mère par souci narratif et de pédagogie, je vous le concède. Mais telle était bien l’idée : faire comprendre à chacun qu’une attitude est intolérable parce qu’il ne la tolérerait pas sur lui-même. Une sorte d’impératif catégorique renversé, en quelque sorte.

  12. Votre réponse confirme ce que je pressentais : je suis en désaccord total et profond avec votre vision des rapports entre hommes et femmes.

    « Ces jeunes qui insultent la jolie fille qui passe ne s’adressent pas de la même manière – et en général pas du tout –à un passant masculin ou à une femme qui ne rentre pas dans leurs critères de proie (pour le dire vite : jeune et jolie).  »
    -> Eh bien justement, ils devraient. Ce vers quoi j’estime qu’il est bénéfique de tendre, c’est une normalisation des rapports où on ne s’adressera pas différemment à un homme et à une jeune et jolie fille, parce que dans l’espace public je ne suis pas « une jeune et jolie fille ». Vous prenez le problème à l’envers. (qui plus est, vous êtes visiblement bien naïf d’imaginer que seules les femmes jeunes et jolies se font harceler)

    « comment parvenir à promouvoir ce respect tout en éduquant aussi à une éducation de genre ? »
    -> Je me retiens d’être grossière : une éducation de genre ?? C’est-à-dire apprenons aux enfants de sexe féminin qu’elles doivent tendre vers un idéal de douceur, de joliesse, de féminité, pendant que les enfants qui ont la chance d’avoir un pénis entre les pattes bénéficieront de la valorisation des comportements courageux, sportifs, vaillants ?
    Mais c’est de cette éducation genrée que provient le harcèlement de rue ! C’est parce qu’on inculque aux enfants dès leur plus jeune âge que l’espace public est construit par les hommes pour les hommes qu’il est inscrit dans les comportements sociaux comme dans du marbre que les femmes ne sont que des invitées, et que les mâles sont là pour valider ou non leur présence !

    « faut-il d’abord éduquer abstraitement au respect de tout humain en tant qu’humain en espérant que tout un chacun en infère le respect qu’il doit aux représentants de l’autre sexe, en ce compris dans ses pulsions ou démarches de séduction ? »
    -> Oui. Simplement, oui. Ça n’a rien d’abstrait, le respect. Et votre point de vue est dramatiquement hétérocentré.
    Comment expliqueriez-vous qu’aucune femme ne se comporte de cette manière ? Parce qu’on lui a appris spécifiquement à se comporter d’une certaine manière avec les hommes ? Non. Parce qu’elles ne sont pas placées dans une position de dominantes, tout simplement. Arrêtons donc de placer les garçons dans cette position, et le problème sera réglé.

    « Ou faut-il, en marge de cet apprentissage que je crois comme vous indispensable, affronter en face la sexualisation humaine en faisant comprendre aux jeunes hommes qu’une femme ne fonctionne pas comme ils semblent le penser, qu’elle n’a pas les mêmes attentes, ne souhaite pas être abordée dans la rue et qu’il ne s’agit en rien d’une marque de disponibilité, et que cela la blesse réellement à chaque insulte – ce que je ne pense pas que chaque « lourdaud » réalise réellement. »
    -> Mais cela n’est pas la question. Dans l’espace public, il n’y a pas « les hommes » d’un côté et « les femmes » de l’autre, il y a un ensemble de citoyens tous différents et tous uniques. En disant qu’il faut que les garçons comprennent qu’une femme ne fonctionne pas comme ça, vous instaurez un clivage qui n’a pas lieu d’être, parce que PERSONNE ne fonctionne comme ça. Le clivage est prééxistant vous me direz, mais vous cherchez à le perpétuer d’une autre manière, qui n’est en rien plus favorable.
    En voulant éduquer à un comportement spécifique envers les personnes du sexe opposé, vous souhaitez inculquer aux gens dès leur plus jeune âge que les hommes et les femmes sont suffisamment différents pour mériter un traitement différent. C’est faux. Dans l’espace public, les distinctions de sexe et de genre n’ont pas lieu d’être.

    • Excusez-moi pour cette intervention un peu plate, mais je pense que vous détournez le sens d' »éducation de genre ». Il est évident que le respect de toute personne, quels que soient son sexe, son âge, son apparence ou sa couleur de peau est une exigence que l’on doit attendre de tous.
      Mais n’adapte-t-on pas son comportement selon qu’on se trouve en face d’une personne âgée, d’un enfant, d’un touriste cherchant son chemin? Toutes ces rencontres sont dirigées par une série d’informations que nous tirons de l’apparence et de ce qu’on a appris. Je ne pense pas que cela soit vraiment différent entre les sexes.
      De plus, dans votre vision désincarnée des hommes et des femmes dans l’espace public, vous évacuez un peu vite l’attirance pour le sexe opposé. Il est évident que tous nos rapports ne sont pas mus par cela, mais la séduction, c’est quand même le noeud du problème. Quelle place mérite-t-elle dans une société où justement, les deux sexes sont amenés à évoluer sur le même pied?
      Dès lors, une « éducation de genre » n’est pas, selon moi, à enterrer comme un archaïsme patriarcal. Il s’agit simplement d’apprendre ce qu’est une femme, la place qu’elle mérite dans la société, et comment se comporter avec elle. Je pense que ceux qui s’adonnent au harcèlement en rue ne connaissent pas les femmes ; les stéréotypes de l’homme courageux et de la femme douce, c’est justement l’ignorance, la méconnaissance qui les génèrent. Comme tous les stéréotypes. A ce titre, malgré tout le mal que vous devez penser de la galanterie, je la pratique tous les jours, sans rien demander en retour, par ce que c’est comme ça que l’on m’a éduqué. Et sûrement pas parce que je me sens supérieur.

      • La galanterie en Europe est un héritage culturel judéo-chrétien. La différence entre galanterie et harcèlement est pourtant simple : le respect de la dignité humaine, inscrit dans la déclaration des Droits de l’Homme en 1948.

        Les femmes ont obtenu le droit de vote en Belgique après la 2e guerre mondiale. Les droits des femmes est un combat qui n’a rien à voir avec le harcèlement de rue à Bruxelles, lequel touche en réalité n’importe qui, même les policiers bruxellois.

        En focalisant les problèmes sur les « genres », on fait le jeu de la délinquance urbaine, réel fléau à Bruxelles depuis 30 ans. C’est bien ce que je reproche au reportage de Sofie Peeters : avoir évoqué un aspect de l’incivisme-roi dans les zones de non-droit urbaines, en occultant tous les autres….Elle confond « homme » et « voyou » , triste.

        Je refuse de considérer la gente masculine comme harceleur génétique parce que des voyous ( 9 sur 10 maghrébins) se donnent le droit d’insulter les femmes dans les rues des ghettos bruxellois, en toute impunité.

        D’ailleurs, Sofie quitte Bruxelles, pas la Belgique, preuve qu’il est possible de vivre en Belgique sans être harcelée. Cibler la source, éviter le piège du politiquement correct, SVP !!!

        Il ne s’agit pas de séduction non maîtrisée mais de zones de non-droit. Cécile Duflot a été sifflée à l’AN en France, a-t-elle porté plainte ? a-t-elle démissionné ? a-t-elle déménagé ? comment peut-on comparer le harcèlement de rue à Bruxelles avec le brouhaha d’une assemblée politique française, cela me dépasse… Ecolo.be devrait réviser ses classiques juridiques, çà urge !

        • Pourquoi serait-ce aux femmes de se soumettre et de déménager ? Pourquoi ne serait-ce pas aux hommes d’être sanctionnés ?

          Pourquoi les femmes ne portent-elles pas plainte, comme vous le soulignez ? Parce qu’elles ne sont presque jamais entendues, crues, et que tout dérapage de ce genre (j’entend porter plainte) ne servirait à rien. Regardez le vocabulaire utilisé, et essayez, même si cela parait impossible vu votre misogynie et égocentrisme, de vous mettre dans une approche psychologique semblable. Comment voulez-vous que nous soyons en mesure de nous défendre si nos proches, amis, et même représentants de la loi ne nous croient pas ? Vous ne connaissez pas le problème du harcèlement. Vous ne pouvez pas comprendre la détresse psychologique dans laquelle les harcelées se retrouvent.

          Le brouhaha d’une AN est comprise comme un manque de respect flagrant, de grivoiseries de représentants de la nation. Car oui, ils sont élus. Car oui, ils nous représentent, nous, Français. Si ces derniers ne peuvent pas se mettre à être courtois, polis, et respecter les membres féminins d’une institution publique, quelle image donnent-ils des Français, et aux Français ?

          Vous restez dans une optique où les femmes doivent se mettre au diapason des hommes, des mâles.
          Finalement, vous n’êtes pas si différents des gens que vous dénoncez.

        • Deux homosexuels agressés à Anderlecht

          http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/regio/brussel/120807_homoagressie?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed

          Sofie a échappé à çà, dieu merci ?

          Qu’en pensent les politiquement corrects ? les femmes sont les victimes de mâles sexistes ou Bruxelles est gangrénée par des voyous shootés à la haine de l’autre et au casier judiciaire gonflé à l’impunité ? Ecolo.be et sa proposition de loi anti-sexisme…

        • Je regrette, mais vous manquez de nuance. La différence entre galanterie et harcèlement n’est justement pas simple. Elle ne se situe pas simplement dans le respect ou non de la dignité humaine, mais dans la méconnaissance de l’autre sexe. Combien de personnes se croient galants, ou respectueux, alors qu’en réalité leur attitude douceâtre ne cache que furtivement leurs intentions? Combien de femmes ont pris la galanterie en grippe parce qu’elles ne veulent pas être ménagées?
          Oui, bien sûr, ce n’est pas le genre d’agression verbale que le document de Sofie Peeters a montré, là on est à un autre degré. Mais c’est un problème plus grave que la délinquance ou l’incivisme : dans le document, il n’y a pas que des jeunes à casquette qui se livrent à ces agressions ; des hommes d’âge mûr, qui s’estiment certainement très vertueux dans leur milieu, n’hésitent pas à y aller de leur commentaire. Vous allez probablement répondre quelque chose du style « choc des civilisations ». Mais là encore, vous manqueriez de nuance.
          Pour en avoir été témoin, ou pour avoir entendu des amies s’en plaindre, le harcèlement ne se limite malheureusement pas aux quartiers défavorisés de Bruxelles. Bien sûr, elle ne se produit pas forcément en rue (quoique) mais sur le lieu de travail, dans les transports en commun. Voire même dans les hauts lieux de la démocratie! A mon sens, vous balayez un peu trop complaisamment l’épisode de Cécile Duflot à l’AN. Désolé, peut-être que je ne comprends pas l’ambiance virile des parlements, mais j’ai eu un peu honte quand j’ai vu cette vidéo. Elle est belle la galanterie judéo-chrétienne! A mon sens, c’est précisément aussi grave que le harcèlement en rue : pour toutes les raisons qui ont fait hurler les féministes, parce que c’est injurieux pour les hommes en général, parce qu’on discrédite une femme politique avec des moyens un peu faciles (comme le point Godwin ou la dénonciation du « piège du politiquement correct »). Et justement, si elle n’a pas changé d’adresse, qu’elle n’a pas déménagé ou porté plainte, ce n’est pas parce qu’au fond ce n’est pas aussi grave que ce harcèlement en rue, mais parce que c’est tout ce qu’elle pouvait faire : avaler l’insulte et répondre par le mépris.

  13. Qui vous dit que ces harceleurs traitent leur mère ou leur soeur avec plus de respect ? les mariages forcés, les crimes d’honneur, les raclées, etc…

     » Ni putes ni soumises » a été créé par des maghrébines, pourquoi selon vous ?

  14. Boris dit : 7 Août 2012 à 15 h 52 min

    « Je regrette, mais vous manquez de nuance. »

    Je vous renvoie le compliment.

    Pour le reste, je vous laisse à vos incohérences politiquement correctes. Si vous voulez me faire croire ou écrire que les Belges sont de vulgaires harceleurs, continuez sans moi.

    S’il est interdit de stigmatiser les maghrébins, j’ai la faiblesse de croire que les Belges aussi ont le droit à un traitement respectueux, qui plus est, dans leur pays.

    Commencez par là, respecter les Belges , leurs lois et coutumes, qui sait, les voyous seront enclins à en faire de même, dans la capitale de l’Europe, où la police, celle qui est censée protéger les citoyens, mendie auprès du gouvernement fédéral les moyens de se protéger de qui ? des belges, bien sûr.

    La démocratie politiquement correcte veut nous faire croire que les Belges sont des inciviques indécrottables, racistes de surcroît : 10 millions de barbares en plein coeur de l’Europe, mais que fait l’OTAN ? 🙂

    PS : j’estime qu’un débat doit être possible sans attaques personnelles, ce qui ne semble pas être la règle sur ce blog. Merci et bonne continuation.

  15. @ François de Smet (et DIes Irae)

    Bonjour,

    Je trouve l’article intéressant et relativement équilibré. Je m’inquiète par contre un peu de cette phrase :  » Car de l’énergie, de la libido et des envies on en a tous et toutes. Ce qui fait la différence entre les uns et les autres c’est l’éducation reçue, quelles que soient l’origine, le sexe ou la couleur de peau. En entendant les lourdauds lancer leurs « chienne » ou leur « pétasse », on se demande instinctivement : que font leurs mères ? Où sont-elles ? Comment disent-elles à leurs fils de respecter leurs sœurs (et par sœurs on veut bien dire toutes les femmes) ? Y aurait-il une étrange fatalité à se revendiquer femme libre et pourvue de droits tout en éduquant comme mère ses fils à être des petits princes et des enfants-roi auxquels le monde devrait se plier ? »

    En effet, cela revient-il à considérer que les femmes sont responsables de l’éducation des enfants ? Les femmes seraient donc responsables du harcèlement qu’elles subissent elles-mêmes ?

    Rassurez-vous, je ne doute pas que vos intentions sont positives. Ceci dit, il me semble, comme Dies Irae, que votre vision du monde (et c’est en fin de compte assez logique) est assez hétérocentrée. Sans doute trouveriez-vous intéressant de rencontrer des femmes des milieux féministes dont le point de vue diffère sur certains points du vôtre.

    Sur votre phrase : « Ou faut-il, en marge de cet apprentissage que je crois comme vous indispensable, affronter en face la sexualisation humaine en faisant comprendre aux jeunes hommes qu’une femme ne fonctionne pas comme ils semblent le penser, qu’elle n’a pas les mêmes attentes, ne souhaite pas être abordée dans la rue et qu’il ne s’agit en rien d’une marque de disponibilité, et que cela la blesse réellement à chaque insulte – ce que je ne pense pas que chaque « lourdaud » réalise réellement. »

    « Pas les mêmes attentes ? » j’aimerais voir la réaction des gros lourdauds en question si, lorsqu’ils passent en rue, des groupes de femmes se comportaient avec eux comme ils se comportent avec les femmes. En réalité, ils savent fort bien que ça ne plaît pas aux femmes. ne serait-ce pas simplement une manière de prendre le pouvoir ? Comme peuvent le faire des patrons qui draguent avec lourdeur des subalternes…

    Le problème du respect et de l’égalié des femmes et des hommes est global et concerne la plupart des hommes, même ceux qui sont corrects et bien éduqués. Le regard que vous portez sur nous est teinté de tout ce contenu culturel qui mets les femmes en position d’infériorité. On nous considère encore comme incapables de poser des choix libres. ou alors comme simples objets de désir. Et si nous ne sommes ni l’un ni l’autre, on a à subir les assauts de coqs qui se sentent menacés dans leur « virilité ».

    Des hommes qui sont « féministes » et qui respectent les femmes comme leur égal, il y en a, quelques uns, et j’en connais, heureusement. Comme quoi c’est peut-être bien une question d’éducation donnée par… les parents (et pas la mère !).

    En tous les cas, merci à vous pour cet intéressant article et les réactions qu’il suscite.

    Bonne continuation 🙂

  16. En fait, lemachisme est s t r u c t u r e l . Peu importe la couleur, la classe sociale,Le prolétaire s’exprimera comme un prolétaire par un vocabulaire « imagé » et très réduit. Ce genre de clip en rue montre une partie de l’expression du machisme. De rue. Selon la classe sociale, le machisme s’exprimera par des gros mots bétaillers, ou bien, s’exercera de manière différente.Mais il s’exercera de toute façon. Il n’est pas rare que je me fasse suivre par des b e l g e s qui croient en bons machos, être l’objet d’admiration immédiate (ne songeant pas une seconde que j’ai le droit de regarder une carte, un mur sans les viser, eux), dans le métro. Jusqu’à mon domicile parfois. Dans une commune chic de Bruxelles! Ou de me voir proposer à l’arrêt du bus, place du Sablon… par un type b e l g e en mercedes … de me reconduire. Ou encore, et cela est présent d’office, de sentir que ma parole et ma personne sont de toute façon d’avance considérées comme … peu dignes d’écoute/ de sérieux.

  17. Quant aux hommes belges, ils exercent à présent leur machisme, non plus de manière visible, en gros mots, mais de façon beaucoup plus perverse.LE POUVOIR est ce qui intéresse particulièrement le belge (sans doute en raison de sa nature complexée et très peu ambitieuse). Ce que me disent tous mes amis européens et africains et américains, c’est que le belge « veut toujours avoir raison ». Et c’est vrai, il veut se voir comme la plus belle et la plus parfaite dans le miroir. Il évite ainsi de prendre conscience de lui-m^me. Le pouvoir est exercé de façon subtile mais toujours inégalitaire. Rares sont les belges -très complexés psychologiquement en général – â être pacifiques et égalitaires. RARISSIMES Ils préfèrent se trouver un exutoire en se déclarant eux-mêmes purs, sains, éduqués et intelligents. Ce qui est le symptôme d’une société malade. L’autre, n’est pas bon. A tort. MOI MOA je suis parfait. Dérive maladive grave. Ce clip servira donc malheureusement d’exutoire pour le belge typique qui, lui, est parfait et civilisé. Alors qu’il est en fait considéré en Europe, comme parmi les plus rustres d’Europe dans ses manières, comportements agressifs de fait (cyclistes fous, incivisme profond, non respect de rien, moa j’ai tous les droits, agressions verbales et rusticité comportementale t r è s fréquentes dans les supermarchés -on te b r o q u e dedans, l’autre n’existe pas pour le belge, il est invisible. INVISIBLE). Unique en Europe. D’où sa tendance à vouloir ne pas savoir ce qu’il est ni s’améliorer. Moi, pourquoi faire? Je suis parfait, pur. Voyons! Ce qui est entièrement faux et pire, symptôme d’une maladie irrationnelle. Veulerie et je m’en-foutisme roi, je suis le ROI. Ca, c’est b i e n belge.

  18. DSK ? Les belges ne connaissent pas. Seuls les immigrés magrébins, n’est-ce pas? http://www.dailymotion.com/video/xqjigi_vie-de-meuf-les-relous_creation

  19. Refus d’embarquement
    Au comptoir d’Air France : notre vol est annulé, on recase les gens en fonction des places restantes dans le vol suivant. Je me présente avec mon collaborateur, et l’hôtesse de nous dire : Monsieur, vous pouvez prendre l’avion, mais vous devrez partir sans votre collaboratrice … Sourire embarrassé du « monsieur » qui a du mal à expliquer que le chef… ce n’était pas lui …
    (23.05.11)

  20. Emilie : entièrement d’accord avec votre com’. Totalement. Exactement.

  21. CA, c’esrLA R E A L I T E quotidienne pourtant!

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